« Attention, toxique ! » Où l’on fait la connaissance d’un dieu multitâche.

1883. Guimet, industriel et collectionneur, s’associe au spécialiste de la Chine De Groot pour une mission particulière : étudier et rapporter de Chine des centaines de statuettes de divinités. Parmi ces dernières, De Groot acquiert ce dieu à la peau dorée et à la mine impressionnante, dont l’histoire est plutôt originale…

Il s’agit de Shennong, l’un des dieux les plus importants du panthéon chinois. Et pour cause, c’est lui qui aurait enseigné l’agriculture aux hommes, d’où sa popularité ! En plus de ses attributions de dieu de l’agriculture, Shennong a d’autres cordes à son arc…

C’est lui qui aurait, tout simplement, jeté les bases de la pharmacopée traditionnelle chinoise, en compilant dans un ouvrage des centaines de recettes médicinales à base de plantes, minéraux et animaux. Quant à sa technique pour élaborer les fameuses recettes, elle est particulièrement dangereuse.

En effet, pour être certain des propriétés des plantes médicinales, Shennong les aurait toutes testées… sur lui-même ! Au rythme effroyable de 70 plantes ingérées par jour, le dieu serait parvenu à observer leurs conséquences sur le corps.
Une variante de la légende prétend même que son estomac, transparent, permettait de voir les effets de la plante lors de sa digestion.

Le résultat est plutôt tragique : les plantes pouvant être à la fois bénéfiques et mortelles, Shennong s’intoxique à plusieurs reprises et finit par succomber à l’absorption de l’une d’entre elles…

Mais ses courageuses découvertes ont été récompensées : patron des herboristes, il est aussi sollicité pour obtenir de bonnes récoltes. On lui donne également une stature impériale, d’où ce petit chapeau plat et ce manteau doré typiques des empereurs chinois et des personnages de haut rang !

Pour ne pas finir comme le dieu Shennong, mieux vaut savoir que toutes les plantes ne sont pas des amies ! Précieux médicaments ou armes mortelles, les végétaux et autres venins méritent quelques explications.

C’est ce que propose l’exposition « Venenum » au musée des Confluences de Lyon : explorer le monde fascinant des poisons. Objets et témoignages de toutes les époques permettent de comprendre… sans s’empoisonner !

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A VOUS DE JOUER !

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